La mémoire métallique


Surgissant d’une voie inconnue,
Il vrombit de tout son saoul
Pour annoncer sa venue
Qui, rien qu’au bruit, nous saoule.

 
Les visages, pâles et contrits, défilent
Et s’échouent sur le quai en attendant
Leur coquille de métal guindée, haletant,
Se dandinant au gré des minutes qui filent.

 
Elle est enfin là, exhibant ses meurtrissures,
Nue, salie, happée par la décrépitude,
S’enfonçant vers une voie connue
Comme pour annoncer sa déconvenue.

 
Surgit alors une voix inconnue
Feutrant de ses glapissements
La gaine qui l’enrobe inlassablement
Calfeutrant, de tout son saoul, l’Impromptu.