Nuits assassines

Clou rouillé qui écharde mes songes,
La Courroie blafarde du Mensonge
Dégoûte de Larmes d’Insomnie
Qui fermentent sur le terreau de ma lie.

Fiel suppuré, suturé aux candélabres de mes prières
Votives hululent dans l’âcre bourbier
Où rugissent les mânes de l’Ombre,
Scories de la Faux.

L’attente veille,
S’érige en rituel
Entr’ouvrant la gueule de mes paupières
Où le ballet de ces fibrilles humanisantes
Dont tu colores le visage, Pitié,
Flétrit les songes et te ravive, Complaisance.

Gît le masque de l’Usurpation blême,
Anathème agrippé à la voûte de ton Carême ;
Courroux enfiévré, tu grondes dans mon Espérance
Qui déglutit sous ma roche des perles ambrées,
Miroirs de mon Œil supplicié
Sous l’autel du Péché et de l’Outrecuidance.

Dans cette géhenne auréolée d’asphodèles
Trône le brancard châtié de l’Aliénation
Consécration du crime Paternel en action
Blasphémé d’un cortège de répétitions fidèles.

Le spectre de l’Abandon
Atèle sur la stèle funèbre les arceaux
D’un autodafé régurgité dans ce rituel de l’Ombre
Et te transcende, Haine.

En une génuflexion, s’extirpent Sanctions
Qui s’irisent dans l’arc du Pardon
En une Onction
Sur l’autel de vos oraisons

Je m’en remets à vous, Nuits assassines …

L’écume de ton souvenir

Caresse d’un zeste, caresse en un geste,
Brise doucereuse qui crisse sous les battants
Au crépuscule d’un jour qui s’annonce détonnant,
Leste et frêle en un geste preste.

Ecume onctueuse d’une vague tourbillonnante
Enveloppante, saisissante, tonitruante
Eclaboussant et recouvrant cette chair verdâtre
Palissant en une transmutation d’un blanc jaunâtre.

Souveraine des profondeurs abyssales
Tu surgis d’entre les antres
Où s’abandonne, caresse d’un zeste,
Ce geste leste, frêle et preste.

Glose vulgate

Dithyrambe éclopé de ton Orgueil ampoulé
Brosse à coups de traits forcés
L’émulsion plâtre d’injonctions assenées
Dans une griserie convulsée, galvanisée.

En mélomane, l’ivresse bâfre ta Perception
En touches épileptiques
Miroir spectral en sépulcre inique
Creuse la fosse de ta vile Fascination.

L’apprêt en Sentences engoncées
Obscurcit l’enluminure parasitée de fausses Idées
Empêtrées dans le socle de ton illusoire Pensée
Où Confusion règne en Fanatismes englués.

Figure d’un Charnier émacié, atrophié
Fige l’enragée Folie
Aux extrémités bouffies d’un Discours exalté,
Biffé des notes obscurantistes de ton impéritie.

Eudaemonia

OLYMPUS DIGITAL CAMERASerti dans cette ouate stratifiée, Lotus azuré
De Cœurs qui se pâment et distillent leur élixir épicé ;
Lis nacré d’or qui vogue et oscille en spires voluptueuses ;
Tes bulles cotonneuses gorgées de désirs se meuvent
Sur le papyrus de ton appétence veloutée et soyeuse
Et se lissent en une légèreté et volupté onctueuses.

Mantras ensoleillés de vœux dilatés d’enivrement
Ton arc duveté arc-boute la voûte céleste de ta Couronne
Où le Soleil phénicien darde ses flèches d’enchantements
Chassant au passage les plumes effilochées d’Acétone.
Fleuve ruisselant de délectation d’où s’épanche
Le Jardin des Délices en une caresse miellée d’orobanches.